
La plus prestigieuse école d’art de France est l’héritière d’une très longue histoire. Visite de ses ateliers...Au coeur de Saint-Germain, le vaste ensemble fait face au LouvrePlus de deux hectares au coeur de Saint-Germain-des-Prés. Entre le quai Malaquais et la rue Bonaparte, les bâtiments de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris regardent la Seine… de dos. La plus importante école d’art de France jouit d’un statut prestigieux. Son directeur est nommé par le président de la République.Assis sur les bancs de pierre creusés dans la façade, et sous un alignement de sculptures au style gréco-romain, les étudiants s’apprêtent à rejoindre leurs ateliers par la fameuse cour vitrée ou l’ancien cloître. Cinq cent cinquante élèves, dont 20 % d’étrangers, fréquentent vingt-sept ateliers. Ils reçoivent pendant cinq ans un enseignement dispensé par cinquante professeurs et vingt-cinq intervenants. Toutes les techniques et les pratiques artistiques sont abordées : peinture, architecture, fresque, dessin, lithographie, modelage, taille, fonderie. La photographie numérique, le son et la vidéo figurent également au programme. Avec des cours magistraux d’histoire de l’art, de création littéraire ou de cinéma, les étudiants n’ont que l’embarras du choix pour organiser leur emploi du temps. Les diplômes de fin d’études sont remis dans le grand hémicycle d’honneur. César, Bernard Buffet et Gérard Garouste y ont reçu le leur devant l’imposante peinture murale de Delaroche réalisée en 1841. Le peintre a immortalisé soixante-quinze figures des plus grands artistes de tous les temps.À l’atelier de gravure, les étudiants passent de la table à dessin aux vieilles presses du XIXe siècle d’où sont sorties les célèbres affiches de Mai 68 aujourd’hui très recherchées. Sous une lumière zénithale, des modèles de tous âges posent entre deux écorchés de pierre dans l’atelier de morphologie. Les élèves dessinent assis en demi-cercle ou debout, sur les immenses tableaux noirs. L’atelier, comme ses voisins, reste ouvert jusque tard le soir, et même le week-end. Avec ses murs de calcaire et ses peintures murales, celui consacré aux fresques prend des airs de chapelle. On y étudie les techniques de réfraction de la couleur sous l’oeil d’un Christ pantocrator. 550 élèves passent cinq années dans ces murs Plus loin, le silence est de mise à la bibliothèque où les étudiants peuvent consulter plus de 120 000 ouvrages. Côté patrimoine, l’école reste l’une des seules au monde à conserver, depuis plus de trois siècles, 450 000 oeuvres. De grandes expositions annuelles mettent en valeur la richesse des collections, permettant d’admirer les trésors des fonds en même temps que les travaux contemporains. Jusqu’au 20 janvier 2012, le public peut ainsi découvrir À la source de l’antique : la collection Sergei Tchoban, au palais des Études, cabinet Jean-Bonna. 14, rue Bonaparte 75006 Paris (ensba.fr) Texte : Catherine de Montalembert Photos : Jean Marie del Moral










